Musée Jean de La Fontaine

Château-Thierry

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Fables :
Cerf (Le) malade

Livre XII , fable 6

En pays pleins de Cerfs un Cerf tomba malade.

Incontinent maint camarade

Accourt à son grabat le voir, le secourir,

Le consoler du moins : multitude importune.

Eh ! Messieurs, laissez-moi mourir.

Permettez qu’en forme commune [1]

La Parque [2] m’expédie, et finissez vos pleurs.

Point du tout : les Consolateurs

De ce triste devoir tout au long s’acquittèrent ;

Quand il plut à Dieu s’en allèrent.

Ce ne fut pas sans boire un coup,

C’est-à-dire sans prendre un droit de pâturage.

Tout se mit à brouter les bois du voisinage.

La pitance du Cerf en déchut de beaucoup ;

Il ne trouva plus rien à frire.

D’un mal il tomba dans un pire,

Et se vit réduit à la fin

A jeûner et mourir de faim.

Il en coûte à qui vous réclame,

Médecins du corps et de l’âme.

O temps, ô moeurs [3] ! J’ai beau crier,

Tout le monde se fait payer.

[1selon les formes habituelles

[2la mort (les Parques chez les romains étaient les divinités du destin : Nona, Decima et Morta)

[3Exclamation célèbre de Cicéron dans la deuxième Catilinaire : O tempora ! O mores !