Musée Jean de La Fontaine

Château-Thierry

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Fables :
Oreilles (Les) du Lièvre

Livre V, Fable IV

Un animal cornu blessa de quelques coups [1]

Le lion, qui plein de courroux,

Pour ne plus tomber en la peine,

Bannit des lieux de son domaine [2]

Toute bête portant des cornes à son front.

Chèvres, Béliers, Taureaux aussitôt délogèrent,

Daims et Cerfs de climat changèrent ; [3]

Chacun à s’en aller fut prompt.

Un lièvre, apercevant l’ombre de ses oreilles,

Craignit que quelque Inquisiteur [4]

N’allât interpréter à cornes leur longueur,

Ne les soutînt en tout à des cornes pareilles.

Adieu, voisin grillon, dit-il, je pars d’ici.

Mes oreilles enfin seraient cornes aussi ;

Et quand je les aurais plus courtes qu’une Autruche,

Je craindrais même encor. Le Grillon repartit :

Cornes cela ? Vous me prenez pour cruche ;

Ce sont oreilles que Dieu fit. [5]

On les fera passer pour cornes,

Dit l’animal craintif, et cornes de Licornes.

J’aurai beau protester ; mon dire et mes raisons

Iront aux Petites-Maisons. [6]

[1motivation de la décision du lion

[2motivation

[3changèrent de pays

[4"un des juges établi pour connaître des hérétiques"(Richelet). La Fontaine songe à un tribunal ecclésiastique.(G. Couton, Fables, Garnier)

[5et ce que Dieu fait ne peut être hérétique...

[6hôpital réservé aux malades mentaux. L’expression était dans le domaine du proverbe. Ici : seront taxées de folie